Powtech Nuremberg : Le salon du vrac version poids lourd

Le 09/12/2011 à 15:37 par La rédaction

L’édition 2011, qui s’est tenue en octobre à Nuremberg, confirme la position de salon majeur au plan européen avec une participation record d’exposants : plus de 1 000 entreprises proposant des produits ou services consacrés aux procédés mécaniques et à l’instrumentation dédiés aux process et à la manutention des poudres, granulats et solides en vrac s’y sont retrouvés. Côté fréquentation, l’absence relative de visiteurs extra-européens a souligné la poussée d’un marché allemand particulièrement actif.

Pas moins de 21 000 m² de stands. Impressionnant. Le salon, jumelé avec « Technopharm 2011 » couvrait cette année près de cinq halls d’expositions du Nürnberg Messe à lui seul. Record absolu. Au-delà de ce chiffre déjà éloquent à lui seul, plusieurs observations s’imposent à propos de cet événement qui, incontestablement s’affirme comme le rendez-vous majeur européen des process du vrac. A commencer par la santé du marché allemand qui a, selon de très nombreux témoignages, cette année encore davantage marqué sa prédominance dans les allées. La fédération allemande des petites et moyennes entreprises de l’industrie de l’ingénierie « Verband Deutscher Maschinen und Anlagenbau » (VDMA) confirme d’ailleurs cette santé germanique en déclarant que la tendance enregistrée ces derniers mois montre que les Allemands n’ont jamais été autant satisfaits qu’aujourd’hui depuis dix ans. Rappelons que la VDMA, qui regroupe 3 000 entreprises outre-rhin et représente l’une des plus importantes associations d’industriels d’Europe, annonçait une reprise pour 2011 avec une progression des commandes sur le marché allemand de 61 % en 2010 par rapport à l’année précédente.

L’effet vitrine est un atout majeur

Cette observation est renforcée par une seconde constatation : la perception de la fréquentation allemande a sans doute aussi été renforcée par une certaine désaffection de visiteurs extra-européens, notamment des très attendus représentants d’Europe de l’Est et d’Asie. Ceux-ci n’ont, semble-t-il pas fait de Nuremberg une priorité cette année, cela aussi bien côté exposants que visiteurs. Pour les quelques exposants français présents outre-rhin, en dépit de cette tendance, la portée internationale de l’événement reste un atout majeur : ceux qui y sont fidèles le restent et les nouveaux venus semblent aussi convaincus que l’effet « vitrine » demeure un atout incontournable. La qualité des visiteurs est peut-être l’une des explications : les industriels qui font le déplacement pour Nuremberg ne sont pas là par hasard. Au final, quand on décide d’exposer à Powtech, c’est avant tout l’ambition européenne qui s’exprime. Ceux qui font ce choix espèrent bien qu’en figurant parmi les acteurs majeurs du vrac en Europe, ils le soient aussi, tôt ou tard, ailleurs.

La présence française

Une douzaine d’équipementiers français étaient présents à Nuremberg cette année : Elizabeth-Epmo, Ennov, Euragglo, Ferry Capitain, Guérin Systems, Poittemill Group, Polysoude, Portex, Sahut Conreur, Sofraden, Stif, Tisza Textil Packaging. Extraits et premiers témoignages.

Sofraden

De la conception de matériels à l’expertise process
Jean-Christophe Champier, directeur général de Sofraden, sur le stand de Powtech.

L’entreprise stéphanoise a profité de sa présence à Powtech pour évoquer la réalisation d’une usine clef en main pour le compte de BASF Allemagne en Pologne. Ce partenariat, qui fait suite à l’équipement par Sofraden des sites de la branche BASF Construction Chemicals en France, pourrait s’ouvrir sur de nouveaux projets. Très active depuis une vingtaine d’années dans le domaine des mélangeurs où elle détient plusieurs brevets, l’entreprise Sofraden a progressivement étendu son expertise sur les process du dosage, de la manutention et du stockage afin de développer une réponse globale et concevoir des unités de fabrication clef en main. Cette expertise des process industriels de mélange/dosage dans des domaines tels que l’alimentation animale et l’agro-alimentaire ou encore la chimie des matériaux, lui permet d’accompagner les industriels depuis le questionnaire d’étude des recettes et l’analyse des besoins en matières premières, jusqu’à l’automatisme intégrant la gestion de production.

Conception et réalisation de l’ensemble des process

Sa double activité, de conception-construction d’équipements et de conception-réalisation d’unités complètes, a conduit l’entreprise stéphanoise à prendre en charge d’importants projets, à l’image des usines réalisées pour le compte de BASF Construction Chemicals, division de BASF spécialisée dans la chimie de la construction et les produits dédiés aux bâtiments et aux travaux publics. Après une fructueuse collaboration et l’installation de tours de formulation et mélange pour les deux sites français de Sorgues (84) et Angerville (91), c’est la filiale BASF Allemagne qui a fait appel à Sofraden pour la réalisation de l’usine de Srem en Pologne. Mission : assurer la conception et la réalisation de l’ensemble du process, de la réception des matières premières à l’alimentation de la ligne de conditionnement. Seules les fondations et la charpente métallique n’ont pas été réalisées par l’entreprise qui a cependant été chargée de gérer le chantier. « Notre organisation d’achats internationaux nous a permis de trouver les partenaires locaux indispensables à la réalisation du projet et d’être particulièrement réactifs en termes de qualité comme de délais » souligne Jean-Christophe Champier, directeur général de Sofraden. « Nous avions proposé une usine relativement simple mais très évolutive. Nous avons pu passer très rapidement commande pour la charpente comme pour les silos auprès de partenaires polonais et slovaques avec lesquels nous avions déjà travaillé en Europe de l’Est. » Un sérieux atout qui a permis de livrer le chantier en un temps très court dans des conditions particulièrement optimales. Les tests de sortie de sacs ont été approuvés dès le neuvième jour suivant le début des tests d’entrées/sorties.

Anticiper sur l’évolution du process au plan technique comme financier

Il faut dire que l’entreprise dispose aujourd’hui de sérieuses références aussi bien en Europe qu’aux Etats- Unis, en Amérique du Sud ou en Afrique. Plusieurs projets sont également à l’étude en Asie. Son approche et sa culture de concepteur, fortement orientée sur la R&D et l’ingénierie, lui permettent de répondre aux attentes sur des secteurs de pointe, notamment dans le domaine des produits pâteux et des produits prêts à l’emploi avec adjonction de phase liquide. Sofraden a par ailleurs développé son propre système de contrôle-commande de process et de gestion de recettes. Baptisé « Prodose », cet outil métier conçu sur la base d’automates Siemens ou Schneider, prend en charge aussi bien les formulations, la production, que le suivi des stocks, la traçabilité ascendante et descendante et les données d’audit de performance. « C’est un outil adapté au développement du marché permettant d’optimiser l’interface équipement/savoir-faire pour garantir une précision du dosage et la qualité du mélange, avec une souplesse permettant de suivre les évolutions de capacités comme de matières premières », note Jean-Christophe Champier. Autre particularité soulignée par le directeur général : les choix techniques ne se limitent pas au coût d’investissement, mais intègrent aussi les coûts complets de production. De nouvelles pistes d’étude sont ainsi proposées, telles que le recyclage des déchets et l’ergonomie des zones de travail, pour réduire les coûts liés à la maintenance et aux impacts environnementaux.

Poittemill

Habitué du rendez-vous de Nuremberg, le spécialiste de l’ingénierie des poudres et du broyage y développe et  consolide ses liens avec une clientèle internationale.

D’un côté un broyeur universel Forplex, de l’autre un pendulaire Roller Mill. Le stand du Groupe Poittemill Ingénierie n’est qu’une illustration très symbolique de sa production. L’essentiel de son activité réside, en effet, sur l’adaptation, au cas par cas, aux exigences de chaque utilisation. Le service couvre aussi bien les essais préliminaires, le broyage à façon, la conception d’unité clef en main, l’installation sur site avec mise en route et formation du personnel, que l’audit et l’amélioration d’unités existantes pour répondre aux nouvelles normes de sécurité ou de production. Les broyeurs universels sont disponibles en gamme fonte pour les minéraux, matériaux de construction, recyclage ou agroalimentaire, et en gamme mécano-soudé pour la chimie fine, la pharmacie, la cosmétique ou encore les produits à risque d’explosion ou thermosensibles. Le produit est introduit au centre de l’appareil pour un broyage par percussion et projection entre les organes mobiles du rotor tournant à grande vitesse et les organes fixes. Les organes de broyage interchangeables peuvent être des plateaux marteaux, pâles ou broches, selon la nature du produit et la finesse souhaitée. De leur côté, les broyeurs pendulaires, essentiellement destinés aux applications minérales, reposent sur le principe de rotation de galets fixés sur des pendules, eux-mêmes montés sur une arbre vertical, contre une couronne de roulement fixe. Le produit est entraîné sous les galets par des socs en rotation, puis aspiré par dépression. Le produit non affiné retombant dans la chambre de broyage par gravitation.

Neu International Process

Afficher la synergie Neu – Delta Neu

Première participation pour le spécialiste de la conception et la réalisation d’installation clés en main de transport pneumatique et process du vrac. Avec la présence de Jean-Louis Defrance, son président (ici à droite, en compagnie de Jean-François Merle, directeur marketing de Delta Neu). L’entreprise créée en 1903 a développé un savoir-faire complet du transport et traitement du vrac (dosage, pesage, filtration…) dans de très nombreux domaines d’application. Cette expertise multi-filières permet une prise en charge de très grandes capacités de production (jusqu’à 150 t/h), en s’appuyant sur des outils de conception innovants, comme la modélisation/ simulation en 3D. L’entreprise développe également de nouveaux équipements, comme ses vis tubulaires, ses vides sacs avec filtration intégrée, ses aiguillages à boisseau mono canal ou encore ses écluses rotatives.

Sinex Industrie

Pour la qualité des contacts

Le spécialiste de la manutention et du criblage par vibration partageait un stand avec Con Tec pour présenter sa production qui couvre aussi bien les transporteurs, élévateurs, tamiseur/doseurs et cribles que les scalpeurs et extracteurs, avec la double déclinaison de vibration électromécanique et électromagnétique. Les applications concernent les filières alimentaires et agro-alimentaires, notamment pour le criblage et le tamisage, mais aussi la cosmétique et la pharmacie avec des doseurs à lit fluidisé et des doseurs étanches, des élévateurs et des distributeurs. Avec une petite présentation complémentaire de l’activité des sociétés Mervelet Précision (mécanique de précision) et Chauvin (criblage tamisage).