Quand l’AirSafe 2 permet une déclassification de zone ATEX

L’AirSafe 2 est une solution proposée par le constructeur Envea dans le but de contrôler en continu le niveau de poussière dans l’air ambiant. Il permet de connaître la concentration de particules solides dans l’air pour les applications ATEX, et aussi de déclasser une zone. Présentation.

 

David Galvez, ingénieur commercial chez Envea.

LAirSafe 2 d’Envea est un instrument de mesure certifié ATEX destiné à la surveillance des concentrations de poussière dans l’air ambiant. Il est utilisé dans les bâtiments, les zones de production, à proximité des conduites d’évacuation de silo ou des zones de travail. Il permet par exemple d’éviter l’accumulation de poussière dans des zones explosibles ou de détecter des déversements de poussière dans des parties sensibles de l’installation. Les concentrations de poussière qui peuvent être dangereuses pour les opérateurs peuvent également être détectées de façon précoce et fiable.

 

Mesurer la limite de particules dans l’air

La solution AirSafe 2 se compose d’un canal d’écoulement dans lequel un capteur de poussière électrodynamique est intégré. En aspirant l’air dans le canal d’écoulement, un débit d’air d’environ 100 m3/h est généré. Les particules de poussière présentes dans le volume d’air passent à proximité de la tige du capteur et provoquent des transferts de charge. Un signal de mesure est alors généré puis converti en signal électrique. Celui-ci peut être visualisé graphiquement, être transmis par signal 4-20 mA ou simplement piloter un relai. David Galvez, ingénieur commercial chez Envea, explique : « Chaque particule solide qui se déplace dans le canal, du fait de son mouvement, porte une charge : quand les particules traversent le champ généré par la tige, les transferts de charge sont opérés et analysés au niveau de la tête du capteur ».

 

L’AirSafe 2 s’installe facilement et ne nécessite quasiment pas de maintenance.

Utilisation en zone ATEX

Le capteur d’Envea permet d’obtenir un certain nombre d’informations très intéressantes. Il peut être utilisé pour s’assurer que des seuils de sécurité pour la santé des opérateurs ne sont pas dépassés, mais il peut aussi être utilisé pour connaître la concentration de poussière dans l’air ambiant en atmosphères explosives. En utilisation en zone ATEX, les limites seront alors liées à l’explosivité de ces poussières. Il est ainsi possible d’obtenir des alertes lors de la détection de dépassement de seuils prédéfinis. Le capteur peut aussi être placé à proximité de certains équipements pour détecter d’éventuelles fuites. « L’AirSafe 2 peut typiquement être positionné à proximité des silos en cimenterie pour sécuriser le chargement, illustre David Galvez. Si une fuite se présente au niveau du silo, le capteur détecte une augmentation de la concentration de poussière dans l’air et enclenche une alarme. » Le capteur est ici adapté pour l’ATEX Zone 22. « Nous ne sommes pas descendus plus bas dans la certification car cela n’est généralement pas nécessaire », précise l’ingénieur commercial.

 

Améliorations apportées par l’AirSafe 2

L’AirSafe 2 apporte quelques nouveautés par rapport au précédent modèle AirSafe. La grille de ventilation peut par exemple être démontée pour permettre un accès facile à la conduite lors des opérations de maintenance. L’AirSafe 2 offre également un contrôle du bon fonctionnement du ventilateur intégré. Du fait de l’importance de la détection des seuils pour la santé des opérateurs ou pour prévenir les risques d’explosion, il est important que le système fonctionne correctement. « Outre les différents contrôles internes de l’électronique intégrés, nous sommes capables de contrôler que le ventilateur fonctionne correctement et qu’il garantit bien la circulation de l’air, explique David Galvez. Nous sommes aujourd’hui les seuls à proposer ce type de fonctionnalité sur un tel capteur. »

 

Installation du AirSafe 2 en atmosphère explosive.

Un capteur livré étalonné

« Lorsqu’un client nous sollicite pour s’équiper d’une telle solution, nous réalisons l’étalonnage sur notre site de production avec l’échantillon de son produit », explique David Galvez. Grâce à ses équipements dédiés, Envea va générer une concentration spécifique dans un volume d’air. Si par exemple le seuil est fixé à 10 mg/m3 pour du ciment ou de la farine de blé, la force du signal ne sera pas toujours la même : les charges portées par les deux matières ne sont en effet pas les mêmes. « Avec du ciment, nous allons générer une concentration dans l’air ambiant de 10 mg/m3, et le AirSafe 2 va mesurer un signal qui se stabilisera. Le capteur enregistre cette configuration et est alors étalonné. L’alarme sur site sera parfaitement juste. Pour de la farine de blé, le signal sera peut-être plus élevé pour un seuil de 10 mg/m3, mais le capteur sera étalonné avec le signal qui correspond à ce produit. » Le capteur possède une sortie relais pour les alarmes, une sortie analogique 4-20 mA active et peut aussi communiquer avec un PLC ou un automate via Modbus RTU RS 485.

 

Capteur AirSafe 2 développé par Envea.

Déclasser une zone ATEX

Le capteur AirSafe 2 se révèle particulièrement intéressant lorsqu’une zone ATEX peut être déclassée. David Galvez illustre : « Nous avons déjà eu un projet avec un bâtiment classé en zone ATEX, dans lequel il y avait un point d’émission potentielle de poussière. Du fait de ce point d’émission, tout le bâtiment avait été classé ATEX. Cela pose parfois des problèmes car tout le matériel situé dans cette zone doit être certifié. Les équipements coûtent plus cher et les procédures d’installation sont plus longues. » Le capteur AirSafe 2, situé près du point d’émission, permet de mesurer le niveau de poussière dans l’air ambiant et d’alarmer l’utilisateur en cas de dépassement de seuil. « Des alarmes, liées à des seuils fixés bien en dessous du seuil officiel d’explosivité, permettent d’arrêter une ligne ou encore d’ouvrir des panneaux de ventilation pour faire redescendre ce taux de concentration. L’AirSafe 2 permet donc de garantir que le point d’explosivité ne sera jamais atteint. » De fait, la zone peut être automatiquement déclassée, et on peut donc y installer du matériel non-ATEX. La déclassification peut être réalisée par une meilleure connaissance et une meilleure maîtrise de la concentration.

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